vendredi 2 septembre 2011

La Libye défend le "Sahara marocain"


Taieb Fassi Fihri, ministre marocain des Affaires étrangères à gauche et Mustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition libyen à droite.

«L'avenir du Sahara ne peut être que sous souveraineté marocaine», a déclaré un porte-parole du Conseil national de transition libyen.

Tripoli et Rabat sont, selon toute vraisemblance, sur la même longueur d'onde en ce qui concerne la question du Sahara occidental. L'information a vite été relayée par l'agence officielle de presse marocaine.

Le Maroc vient de reconnaitre l'organe politique de l'insurrection libyenne. Coïncidence? Mercredi dernier, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération marocain, Taieb Fassi Fihri, s'est rendu à Benghazi où il a été chargé de transmettre un message verbal au président du CNT. Quel en était la teneur?

«Le message royal porte sur l'évolution significative enregistrée sur la scène libyenne et le rôle déterminant joué par le CNT dans cette nouvelle page de l'histoire de ce pays, pour la réalisation des aspirations légitimes du peuple libyen frère à la démocratie, à la liberté et au progrès», peut-on lire dans une dépêche de la MAP (Maghreb Arabe Press) datée du 1er septembre. Eloges envoyées donc par le Palais royal marocain.

Le président du CNT lui a rendu la pareille dans un échange de bons procédés, annonciateur d'une nouvelle entente entre les nouveaux hommes forts de Tripoli et le Maroc. «Le rôle prépondérant et l'appui du Royaume du Maroc à la révolution libyenne étaient sans équivoque depuis la première semaine de la constitution du Conseil national de transition», a souligné Mustapha Abdeljalil dans une déclaration à la presse à l'issue de l'audience qu'il a accordée au chef de la diplomatie marocaine.

Le 31 août, la télévision régionale de Laayoun ( au Sahara occidental) diffusait dans son journal du soir une déclaration téléphonique du porte-parole du Conseil national de transition basé à Londres: «L'avenir du Sahara ne peut être que sous souveraineté du Royaume du Maroc», a déclaré Jomoa Al-Gamaty.

Il faut savoir que le terrain, en plus d'être favorable, a été déblayé pour aboutir à ce type d'entente. Le Front Polisario depuis le début de la crise libyenne a été la cible constante de la rébellion libyenne qui l'accusait de participer à ce conflit aux côtés des forces loyales de Kadhafi.
«Des milliers de partisans de Kadhafi ont été arrêtés, parmi lesquels des centaines de mercenaires africains et 556 mercenaires du Front Polisario qui luttent face au Maroc pour l'indépendance du Sahara occidental», a rapporté sur son site «Geotribune», un magazine généraliste qui traite des «questions stratégiques».
L'agence de presse officielle marocaine s'est empressée de répercuter ces accusations non confirmées. «Plusieurs de ces mercenaires ont été arrêtés dans la ville de Zawiya, mais également dans le complexe militaire de Bab El Aziziah...», ajoute MAP dans une dépêche datée du 1/09/2011. Ceci reste des allégations qu'il est dangereux de répandre. Comment et pourquoi le Front Polisario aurait participé aux combats alors qu' il a décidé d'entrer en négociations avec le Maroc pour mettre un terme au conflit du Sahara occidental de façon pacifique?

Un accord maroco-libyen semble avoir été conclu aux dépens du Sahara occidental. Résultat, le mouvement de libération sahraoui, représenté par le Front Polisario est pointé du doigt et critiqué. Cela ne présage rien de bon à la veille de nouvelles négociations pour arriver à la paix au Sahara occidental.


sources: www.map.co.ma
               http://www.lesoir-echos.com/2011/09/02/maroc-libye-meilleurs-amis-du-monde%C2%A0/

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