samedi 17 décembre 2011

rapt des humanitaires dans les camps des réfugiés: 11 suspects arrêtés par le Polisario

Un 11ème suspect, soupçonné d’être impliqué dans le rapt des trois humanitaires dans les camps des réfugiés, a été arrêté jeudi à Mijek (territoires libérés) par les services de sécurité de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Il s’agit d’un sahraoui.

Tifariti, de notre envoyé spécial Il y a 10 jours les mêmes services ont procédé à l’arrestation de deux groupes composés de 11 individus activant dans un réseau de contrebande et de crime organisé à 90Km au sud du camp de Dakhla et à 150 km au sud est de Rabouni, a révélé vendredi 16 décembre en marge du 13e congrès du Front Polisario, le ministre de la défense de la RASD, Mohamed Lamine El Bouhali. Le premier comprend sept individus, qui activent essentiellement dans le nord du Mali, et un deuxième groupe composé de 5 éléments activant dans le Grand Sahara et dans le nord du Mali.
Un membre de ce groupe a été abattu après avoir essayé de résister à son arrestation, a-t-il précisé, ajoutant que le cerveau de ce groupe, d’origine malienne, s’adonnant au trafic de drogue et entretenant des connexions avec des groupes terroristes, est entre les mains des autorités sahraouies.
Parmi les onze membres de ce groupe arrêtés par les autorités sahraouies figurent des Maliens, des Sahraouis et un Mauritanien. M. Bouhali a soutenu que ce groupe avait été appréhendé alors qu’il était "à la recherche d’un repreneur des trois otages", suite à "l’échec de l’opération de leur rachat par El Qaida au Maghreb islamique (Aqmi)".
Il n’a pas omis d’accuser les services de sécurité marocains d’être derrière cet acte terroriste, affirmant que ces derniers "étaient surpris d’apprendre l’arrestation de ce groupe de criminels". Il a appuyé sa thèse par le fait que "l’agence de presse marocaine avait vite annoncé qu’il s’agissait d’un groupe dissident d’AQMI".
R.B
elwatan.com

lundi 19 septembre 2011

Discours marocain: le CORCAS souligne la pertinence de l'expérience de l'IER et de l'initiative d'autonomie



Mlle Saadani Maalainine, membre du Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (CORCAS) a présenté, mardi à Genève, un exposé sur l’expérience marocaine dans le domaine de la justice transitoire réalisée par l’instance équité et réconciliation.







    Mlle Maouelainine a mis en avant, la pertinence de cette expérience et de la proposition d'autonomie du Sahara, lors d'un panel au Palais des Nations, en marge de la 18ème session du Conseil des Droits de l'Homme (CDH) de l'ONU.
Après avoir souligné le rôle de la paix et de la réconciliation dans le règlement des conflits et la consolidation des droits de l'homme, Mlle Saadani a donné un aperçu sur l'expérience marocaine de l'IER.
Cette instance, qui a permis d'établir la vérité et de tourner la page des violations passées des droits de l'Homme au Maroc, est une expérience unique dans le monde arabe, a-t-elle fait remarquer, avant de passer en revue les différentes formes de réparation de préjudices que cette expérience a permises.
L'intervenante a, par la suite, abordé la proposition marocaine d'autonomie élargie dans les provinces du Sud élaborée et adoptée par le CORCAS, créé en 2006 et qui est, a-t-elle rappelé, composé de 141 membres représentant toutes les composantes de la société sahraouie.
Elle a fait observer que cette initiative, proposée par le Maroc pour mettre fin à l'impasse que connaissait le conflit du Sahara à cause de l'intransigeance du polisario, est la seule solution réalisable de ce conflit, vieux de plus de trente ans.
La mise en œuvre de la proposition d'autonomie permettra en effet aux populations du Sahara marocain de jouir de leurs droits économiques, sociaux et culturels et de gérer leurs propres affaires, a-t-elle souligné. Elle est aussi, a-t-elle poursuivi, de nature à mettre fin au déchirement qu'endurent nombre de familles sahraouies et au calvaire que vivent les populations séquestrées dans les camps de Tindouf et qui pourront, grâce à cette initiative, regagner la mère-patrie, le Maroc et y contribuer au développement économique et social des provinces du sud.
Cette table ronde a été organisée par l'Organisation pour la communication en Afrique et de promotion de la coopération économique internationale (Ocaproce International), autour du thème "les droits de l'homme, la paix et la réconciliation", avec la participation de représentants de pays, d'institutions et d'ONG.
La délégation du CORCAS, qui participe à la 18ème session du CDH (12/30 septembre), est composée outre Mlle Saadani et de Moulay Ahmed Mghizlat.



source: http://www.corcas.com

Dilapidation des ressources du Sahara Occidental : Des parlementaires européens dénoncent l’accord de pêche UE-Maroc


D.R
Au moins un dixième de l’ensemble du Parlement européen a déposé une motion pour protester contre le "très controversé accord de pêche signé entre l'UE et le Maroc", a indiqué jeudi le député britannique Andrew Duff dans un communiqué. L’objectif de cette démarche vise à empêcher le renouvellement de cet accord prévu en février 2012. Les parlementaires veulent également soumettre l’accord de partenariat UE Maroc à la Cour européenne de Justice, souligne la même source.
"La prolongation de l'accord de pêche marocain donne lieu à une incertitude juridique sur les motifs de fond et de procédure. Le Parlement a un devoir de veiller à cette obligation du Traité de l'UE à respecter pleinement le droit international", a déclaré M. Duff en annonçant le dépôt de la résolution. "Conformément à l'Accord et à son protocole, l'UE paye actuellement 36 millions de livres Sterlings (près de 40 millions d’euros) par an pour être autorisée en contrepartie à pêcher dans les eaux territoriales du Sahara occidental", souligne M. Duff.
"En droit international, la pêche au large du Sahara occidental est censée bénéficier à la population de ce territoire, la Cour européenne de justice doit maintenant dire si oui ou non l'accord répond à ce critère", a-t-il encore ajouté.

source: http://www.elmoudjahid.com

L’Onu exhorte le Maroc à respecter les droits culturels du Sahara occidental



New York, 18 sept 2011 (SPS) L'Experte indépendante des Nations Unies dans le domaine des droits culturels, Mme Farida Shaheed, a exhorté le gouvernement marocain à respecter les droits culturels du peuple du Sahara occidental, dénonçant les mesures coercitives menées contre la promotion de l’héritage culturel des Sahraouis, a indiqué l’ONU.
La représentante de l’ONU a fait ce constat à l’issue d’une visite effectuée au Maroc et au Sahara occidental du 5 au 16 septembre afin d'évaluer les efforts fournis par les autorités marocaines pour promouvoir et protéger les droits culturels et pour identifier les meilleures pratiques ainsi que les obstacles dans leur réalisation.
"J'ai également visité le Sahara occidental où j'ai fait la connaissance d'une multitude de festivals qui promeuvent l'héritage culturel de la région", a souligné Mme Shaheed.
Cependant, a-t-elle regretté, "certains musiciens sahraouis ont été empêchés de participer à ces festivals en raison du contenu spécifique de leurs spectacles ou performances. Certains ont également été empêchés de citer des noms sahraouis''.
En conséquence, a recommandé la représentante de l'ONU, ''les mesures qui empêchent ou limitent les droits culturels de la population du Sahara occidental devraient être révoquées immédiatement" par le gouvernement marocain.
En outre, elle a insisté pour souligner que "pour assurer le respect des droits culturels pour tous, il faut garantir la protection des droits de l'homme par des cadres juridiques"

source: Sahara Press Service

lundi 12 septembre 2011

La caravane de l'espoir

La caravane "European Youth Caravan for Western Sahara" organisera mercredi prochain, un sit-in, devant le siège du Parlement européen à Strasbourg pour dénoncer les violations des droits de l’homme commises par le Maroc au Sahara occidental et la signature des accords de pêche entre l’UE et le Maroc incluant les eaux territoriales sahraouies, selon les organisateurs de cette caravane.

      Les organisateurs de la caravane qui rencontreront les députés de l’intergroupe du Parlement européen pour le Sahara occidental, ont lancé un appel aux réseaux de solidarité pour le Sahara occidental en France à joindre la Khaima (tente) qu’ils dresseront devant le Parlement européen à cette occasion.
La caravane parcourra plusieurs pays européens dans le cadre d’une large campagne de sensibilisation autour de la question du Sahara occidental en vue de la création d’un réseau des jeunes d’Europe engagés en faveur de cette question, ont précisé les organisateurs.
Le représentant de l'union des étudiants sahraouis (UESARIO), Lahbib Mohamed Abdelaziz, présent à cette caravane, avait informé depuis Vienne, les jeunes européens de la situation des droits humains qui prévalent dans les territoires occupés du Sahara occidental et celle des jeunes dans les camps de réfugiés.

source: http://www.spsrasd.info/fr/content/la-caravane-de-la-jeunesse-europ%C3%A9enne-pour-le-sahara-occidental-organisera-mercredi-un-sit-d

vendredi 2 septembre 2011

Compte-rendu du livre Africa's Last Colony



Auteur du texte: Sola BALOGUN
Traduit par Esteban G.. Édité par Fausto Giudice

Je trouve cet ouvrage intéressant car il résume bien la situation au Sahara occidental mais aussi les enjeux du conflit. Le point de vue est celui d'un journaliste nigérien spécialiste de la question. Il a vécu au Sahara occidental et parle dans ce livre de son expérience. Je conseille cet ouvrage à toutes les personnes intéressées par la question du Sahara occidental car il éclaire bien des interrogations.


Propos de Sola BALOGUN:

Pour la majorité de la population nigériane les mots « Sahara occidental » évoquent le désert du Sahara. Et très peu de personnes au Nigeria (et en Afrique en général) connaissent l'existence d'un pays de notre continent qui s’appelle Sahara Occidental. Peut-être ignorent-ils son existence à cause de l’étranglement que le Maroc a imposé à ce pays.

En effet, de nos jours il y a un pays qui souffre toujours de l'oppression d'un autre. Le pire c’est qu’il s'agit de deux pays africains. La République Démocratique Arabe Sahraouie (son peuple porte le nom de Sahraoui) est une ex-colonie espagnole riche en ressources minérales comme les phosphates et a dans ses eaux territoriales une des plus grandes réserves de poisson du monde. Actuellement ses gisements sous-marins de pétrole sont en cours d’exploration.

Africa’s Last Colony: Spain’s Error, Morocco’s Sin (la dernière colonie africaine : l'erreur de l'Espagne, le péché du Maroc) décrit avec justesse la situation et les circonstances atroces qui marquent la vie du peuple sahraoui : eau empoisonnée, torture, disparitions forcées et autres aberrations.

Le livre rassemble l'expérience de l'auteur, Ike Abonyi, qui a visité la République Démocratique Arabe Sahraouie. Dans son introduction, Abonyi déplore qu’une histoire aussi inquiétante que celle de ce pays soit méconnue ou ignorée par le reste du monde. Le livre est divisé en trois parties, il est d’une écriture simple et accessible. Le titre complet est très pertinent : Africa’s Last Colony: Spain’s Error, Morocco’s Sin; An African Journalist’s Diary On Western Sahara (la dernière colonie africaine : l'erreur de l'Espagne, le péché du Maroc. Journal d'un journaliste africain au Sahara Occidental). L'auteur souligne également le fait que beaucoup d’Africains, même s'ils sont progressistes ou ont reçu une éducation sérieuse, méconnaissent l'existence d'un pays qui s’appelle République Démocratique Arabe Sahraouie, et encore moins sa lutte pour l’indépendance.

Ce point abordé par l'auteur est très significatif. Que ce soit dans les pays du Maghreb, d'Afrique ou d'Europe, on reste très peu informé de ce qui se passe au Sahara occidental. Les raisons de ce silence sont difficile à cerner, nous l'avons déjà vu, les enjeux de ce conflit dépassent les intérêts des protagonistes principaux. Les médias ont sans doute un rôle important à jouer dans cette absence d'information.


Dans son prologue, il dénonce l'hypocrisie de ces pays occidentaux qui se vantent de respecter les droits humains (la France, l'Allemagne et l'Espagne) tandis qu'ils ferment les yeux aux violations flagrantes des droits humains commises par le Maroc. De plus, il ajoute que le Nigéria a le devoir, en tant qu’État africain, d’aider le Sahara Occidental dans sa lutte pour la récupération de son indépendance.

La première partie du livre résume l'histoire du Sahara Occidental du temps de la colonie espagnole, le retrait espagnol de ce pays et l'invasion marocaine et mauritanienne. Il explique aussi la manière avec laquelle la Mauritanie avait restitué les territoires qu’elle avait spoliés alors que le Maroc s’est obstiné à garder les territoires occupés.

Tout comme d'autres analystes, Abonyi accuse l'Espagne de ne pas avoir finalisé le processus de décolonisation, c'est-à-dire, de ne pas avoir donné la direction du pays au Front Polisario, groupe politique fondé en 1973 pour en finir avec la colonisation espagnole.

Malgré la résolution de la Cour Internationale de Justice votée en 1975 stipulant que le Sahara Occidental était dès lors un pays indépendant de la colonisation espagnole et que sa souveraineté appartenait à son peuple, le Maroc a refusé de se retirer de ses territoires occupés et la guerre contre le Front Polisario a continué. En 1991 l'ONU avait négocié un cessez-le- feu et avait approuvé un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui, mais le Maroc a empêché sa concrétisation.
Plus de 150.000 Sahraouis sont des réfugiés, d'autres sont déplacés à l’intérieur même de leur propre pays. Ils vivent grâce à une ration quotidienne du Programme Alimentaire Mondial de l'ONU ou bien ils sont harcelés et arrêtés sans procès légal, ou forcés à l'exil.

Des réfugiés qui vivent dans des conditions de vie difficiles. Pas d'accès à l'eau potable ni à l'éléctricité. Les enfants doivent parcourir parfois plusieurs kilomètres à pieds pour aller à l'école. Les jeunes qui vont étudier à l'exterieur des camps et qui reviennent diplômés n'ont pas accès à l'emploi. Le taux de chômage est très élevé et les soins de santé sont limités.

Dans la seconde partie du livre, Abonyi raconte l’expérience de son voyage au Sahara. Il avait pu observer que le camp avait bénéficié d'une certaine paix durant les 17 dernières années, mais il a également été témoin de la désillusion d'une grande partie de la jeunesse sahraouie, notamment au regard de la politique marocaine d'exploitation unilatérale des ressources et de l’indifférence totale face aux besoins du peuple sahraoui.

Notre indignation doit certainement se réveiller lorsque dans son récit, Abonyi raconte de quelle manière de jeunes Sahraouis ont perdu un de leurs membres et même la vie à cause de l’explosion des mines que le Maroc a disséminées tout le long du mur de 2.500 kilomètres qu’il a dressé dans le Sahara occidental occupé.
La troisième partie de Africa’s Last Colony est composée d'interviews avec des responsables du gouvernement sahraoui. Au cours d’une conversation avec Abonyi, le président Mohammed Abdulaziz fait l'éloge de l'attitude du Nigéria envers d'autres pays africains et de son leadership dans le continent. D’autres interviews y sont également retranscrites, notamment celle avec Mohamed Salem, commandant de l'école militaire sahraouie, et celle avec Mohammed Yeslem Beisat, ministre pour l'Afrique.

L'auteur pose des questions d’une très grande importance : pourquoi l’Espagne n'a-t-elle pas achevé un processus total de décolonisation dans lequel elle aurait fait une passation de pouvoir au Front Polisario ? Pourquoi le fait de partager la religion, la langue et la géographie n'aide pas à résoudre le problème entre le Maroc et le Sahara occidental ? Qui peut bien fabriquer et fournir les armes que le Maroc utilise pour terroriser la population sahraouie ? Quel sont les autres pays qui profitent de l'exploitation marocaine du Sahara occidental ? Quel est, dans cette situation, le rôle de la France, ex-puissance colonisatrice du Maroc ?

Il y a d'autres questions qui exigent des réponses : pourquoi le reste du monde arabe reste-t-il indifférent à l'oppression d'un « peuple frère » ? Quelles sortes de pressions l'Union africaine et d'autres organismes régionaux qui reconnaissent le Sahara occidental comme un État souverain exercent-ils sur le Maroc ?


Source : Daily Sun-Agony in Western Sahara
Article original publié le 27/10/2009
Esteban G., rédacteur du blog http://letacle.canalblog.com, et Fausto Giudice, rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste, sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

La Libye défend le "Sahara marocain"


Taieb Fassi Fihri, ministre marocain des Affaires étrangères à gauche et Mustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition libyen à droite.

«L'avenir du Sahara ne peut être que sous souveraineté marocaine», a déclaré un porte-parole du Conseil national de transition libyen.

Tripoli et Rabat sont, selon toute vraisemblance, sur la même longueur d'onde en ce qui concerne la question du Sahara occidental. L'information a vite été relayée par l'agence officielle de presse marocaine.

Le Maroc vient de reconnaitre l'organe politique de l'insurrection libyenne. Coïncidence? Mercredi dernier, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération marocain, Taieb Fassi Fihri, s'est rendu à Benghazi où il a été chargé de transmettre un message verbal au président du CNT. Quel en était la teneur?

«Le message royal porte sur l'évolution significative enregistrée sur la scène libyenne et le rôle déterminant joué par le CNT dans cette nouvelle page de l'histoire de ce pays, pour la réalisation des aspirations légitimes du peuple libyen frère à la démocratie, à la liberté et au progrès», peut-on lire dans une dépêche de la MAP (Maghreb Arabe Press) datée du 1er septembre. Eloges envoyées donc par le Palais royal marocain.

Le président du CNT lui a rendu la pareille dans un échange de bons procédés, annonciateur d'une nouvelle entente entre les nouveaux hommes forts de Tripoli et le Maroc. «Le rôle prépondérant et l'appui du Royaume du Maroc à la révolution libyenne étaient sans équivoque depuis la première semaine de la constitution du Conseil national de transition», a souligné Mustapha Abdeljalil dans une déclaration à la presse à l'issue de l'audience qu'il a accordée au chef de la diplomatie marocaine.

Le 31 août, la télévision régionale de Laayoun ( au Sahara occidental) diffusait dans son journal du soir une déclaration téléphonique du porte-parole du Conseil national de transition basé à Londres: «L'avenir du Sahara ne peut être que sous souveraineté du Royaume du Maroc», a déclaré Jomoa Al-Gamaty.

Il faut savoir que le terrain, en plus d'être favorable, a été déblayé pour aboutir à ce type d'entente. Le Front Polisario depuis le début de la crise libyenne a été la cible constante de la rébellion libyenne qui l'accusait de participer à ce conflit aux côtés des forces loyales de Kadhafi.
«Des milliers de partisans de Kadhafi ont été arrêtés, parmi lesquels des centaines de mercenaires africains et 556 mercenaires du Front Polisario qui luttent face au Maroc pour l'indépendance du Sahara occidental», a rapporté sur son site «Geotribune», un magazine généraliste qui traite des «questions stratégiques».
L'agence de presse officielle marocaine s'est empressée de répercuter ces accusations non confirmées. «Plusieurs de ces mercenaires ont été arrêtés dans la ville de Zawiya, mais également dans le complexe militaire de Bab El Aziziah...», ajoute MAP dans une dépêche datée du 1/09/2011. Ceci reste des allégations qu'il est dangereux de répandre. Comment et pourquoi le Front Polisario aurait participé aux combats alors qu' il a décidé d'entrer en négociations avec le Maroc pour mettre un terme au conflit du Sahara occidental de façon pacifique?

Un accord maroco-libyen semble avoir été conclu aux dépens du Sahara occidental. Résultat, le mouvement de libération sahraoui, représenté par le Front Polisario est pointé du doigt et critiqué. Cela ne présage rien de bon à la veille de nouvelles négociations pour arriver à la paix au Sahara occidental.


sources: www.map.co.ma
               http://www.lesoir-echos.com/2011/09/02/maroc-libye-meilleurs-amis-du-monde%C2%A0/

jeudi 1 septembre 2011

Manifestations et Répressions ont rythmé le mois de Ramadan



Au Sahara occidental, au mois d'août, la police aurait fait un usage excessif de la violence et s’en serait pris non seulement aux Sahraouis qui manifestaient pacifiquement, mais aussi aux journalistes qui faisaient la couverture de ces manifestations.

Selon Sahara Thawra (mouvement de défense des droits des Sahraouis), le 5 août il eut de violents affrontements entre des manifestants sahraouis et les Forces militaires marocaines. Les manifestants demandaient de mettre fin au pillage des ressources naturelles du Sahara occidental, la liberté des prisonniers politiques sahraouis emprisonnés au Maroc et des emplois pour la population fortement touchée par le chômage.



Le 8 août, une manifestation pacifique similaire devant le ministère de l'Énergie et des Mines à Laayoun a mobilisé plus de 500 personnes. Elle s'est finie en affrontements. Après la manifestation, la police et les forces armées marocaines sont intervenues pour impressionner et effrayer les manifestants. Les combats ont duré près de deux heures.
Le 11 août, un rassemblement moins conséquent ( des dizaines de Sahraouis) revendiquait de meilleures conditions de travail dans la société de Phosboucraa (société d'extraction et de gestion de phosphate) et la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis. Répressions démesurée, de nombreux blessés et plusieurs maisons de Sahraouis détruites.

Manifestation devant la société Phosboucraa


D'autres manifestations ont éclaté le 12 août, deux journalistes ont été attaqué par les Forces de sécurité marocaines alors qu'ils voulaient couvrir les manifestations pour leurs médias respectifs. Il s'agit de Mohamed Ayache Buihi, journaliste du quotidien marocain Al-Massae et éditeur du site Saharanow.com et Hamid Bouffous, journaliste pour Al-Umma Risalat. Selon Reporters sans Frontières, ils ont subit des violences physiques et verbales.
De telles évènements se sont répétés le 23 août dans le Camp Gdeim Izik situé à 15km de Laayoun où vivent plus de 40000 réfugiés sahraouis. Un sit-in pacifique a été dispersé violemment par les services de sécurité marocains qui avaient mobilisé plusieurs unités de la gendarmerie et de la police. Un couvre-feu a été imposé. Le 24 août, dans la ville de Boujdour au Sud-Ouest de Laayoun, une manifestation supplémentaire a été réprimée, il s'agit d'une action de chômeurs qui ont dénoncé leur situation économique précaire. Depuis, Boujdour est isolée et assiégée par différentes unités militaires marocaines.
Dernière manifestation en date, le 25 août, le peuple sahraoui s' est de nouveau mobilisé au centre de Laayoun pour revendiquer le droit à l'autodétermination. Des centaines de Sahraouis ont scandé des slogans contre le régime d'occupation. Ils ont été brutalement dispersé par les services militaires du Maroc.


Un mois d'août mouvementé au Sahara occidental et frappé par la violence, la répression et la détermination du peuple sahraoui qui garde espoir et rêve de liberté.
Paradoxe, c'était le mois de Ramadan pour tous les musulmans, un mois sacré pendant lequel on aide les nécessiteux, on se surpasse, on exclu toute violence et on multiplient les bonnes actions...



sources: http://saharathawra.org/
http://www.spsrasd.info/fr/content/un-mois-da%C3%B4ut-chaud-%C3%A0-el-aaiun

mercredi 31 août 2011

Portrait d'une héroÏne, Aminatou Haidar






Aminatou Haidar, militante sahraouie

           Aminatou Haidar est une activiste sahraouie. Cette mère de deux enfants a 42 ans. Elle milite pour l'indépendance du Sahara occidental depuis 1975.
Aujourd'hui, le Maroc refuse le retour d'Aminatou chez elle à Laayoun au Sahara. Ce qu'on lui reproche c'est d'avoir critiqué le roi Mohammed VI et sa politique au Sahara occidental.
Mme Haidar s'est trouvée en Espagne en 2009, où elle a observé une grève de la faim. Elle a refusé la nationalité espagnole et le droit d'asile en Espagne car elle voulait avant tout retrouver sa patrie.


Aminatou Haidar représente toutes les femmes du Sahara occidental. Toutes des combattantes impliquées dans la cause de l'indépendance et dans l'organisation de la société. Symbole de la lutte pacifique pour l’autodétermination du peuple sahraoui, la militante multiplie les actions de sensibilisation.
           C'est en 1987, à l'âge de 20 ans, qu'Aminatou Haidar est arrêtée pour la première fois, suite à une manifestation sahraouie durement réprimée à Laayoun. Victime de torture, elle sera portée disparue pendant quatre ans, jusqu'en novembre 1991. A sa libération, elle reprend la lutte.

Depuis Laayoun, elle multiplie les actions comme des manifestations pacifiques et la création de comités de soutien. Elle étoffe son réseau de contacts à l'étranger. En 2005, lors d'une énième manifestation organisée à Laayoun, manifestation appelée l'Intifada du Sahara, elle est blessée par les forces de l'ordre, qui, viennent plus tard l'arrêter à l'hôpital. Elle est de nouveau condamnée et passera sept mois dans la tristement célèbre "prison noire" de Laayoun. Pendant sa détention, le 11 octobre 2005, le Parlement européen adopte une résolution demandant officiellement sa libération.
Quand elle est relâchée à l'issue de sa peine, en janvier 2006, la militante reçoit un passeport marocain et entame une tournée internationale qui la conduit notamment à témoigner devant la Commission de coopération et de développement du Parlement européen.
 "N'eût été votre solidarité, votre interpellation des autorités marocaines, je ne serais peut-être pas là aujourd'hui. Mais mon cas n'est pas unique", explique-t-elle alors aux membres de la Commission.
La même année, elle recoit le prix Juan María Bandres, décerné par la Commission espagnole d'aide aux réfugiés (CEAR). En 2007, c'est au tour de l'organisation internationale Solimar de récompenser la militante sahraouie, en lui attribuant le prix Silver Rose. Elle a reçu d'autres reconnaissances de la Communauté internationale, notamment à New York, un prix en faveur des droits de l'homme. Et, en Italie, la citoyenneté d’honneur par le Conseil municipal de Montespertoli qui a estimé qu’il a fait "un geste concret de condamnation de la violence perpétrée par les autorités marocaines, contre le peuple sahraoui". La cérémonie organisée à cet effet s’est déroulée en présence du représentant sahraoui en Toscane, Abdellai Salem Mohamed, et d’un groupe d’enfants sahraouis invités en Italie.
«C’est la première fois que la municipalité de Montespertoli donne une telle reconnaissance à une personnalité de l’importance d’Aminatou Haidar qui, avec son courage et sa ténacité, incarne toutes les injustices que le peuple sahraoui subit depuis de nombreuses années», extrait du communiqué de presse du Conseil.

mardi 30 août 2011

Le référendum, question espagnole


Jorge Moragas, coordinateur de la politique internationale du PP et la délégation du Front Polisario en Espagne.




         Le Parti populaire espagnole (PP) déclare qu'il soutiendra le référendum au Sahara occidental s'il remporte les élections du 20 novembre prochain. Le Parti populaire, principale force d'opposition en Espagne soutiendra la position du Front Polisario qui demande la tenue d'un référendum d'autodétermination, l'annonce faite par Jorge Moragas ne surprend pas. Il est le coordinateur de la politique internationale du PP et chef du cabinet de Mariano Rajoy, président du Parti populiste. A plusieurs reprises il a rencontré des membres du Polisario en vue de trouver des solutions au conflit.

"Notre position est celle votée récemment par le Congrès, qui se réfère au droit international et envisage evidemment la tenue d'un référendum d'autodétermination", a déclaré M. Moragas dans une interview publiée lundi par El Pais, ajoutant que "c’était absurde d'abandonner le principe de neutralité active, qui a ses racines dans les premiers jours de la transition, comme Zapatero l'a fait à son arrivée au pouvoir lorsque, en quittant l'Elysée, il a déclaré que le problème du Sahara sera résolu dans six mois ". Par transition, M. Moragas évoque le retrait de l'Espagne du territoire du Sahara occidental après la colonisation.

"Notre idée est de revenir à la position centrée, modérée et adaptée à la légalité internationale. Nous avons une responsabilité historique qui nous oblige à ne pas détourner le regard", a-t-il ajouté.

            En effet, le Sahara occidental est un territoire qui était colonisé par l'Espagne qui ne s'est jamais vraiment occupé de sa colonie. Depuis 1975 l’Espagne a décidé de ne pas respecter ses obligations comme puissance administrante au Sahara occidental et depuis lors l’Algérie a été le principal soutien du
droit sahraoui à l’autodétermination.

          
             S'agissant des relations avec le Maroc, le responsable espagnole a déclaré que la volonté de son parti "est d'avoir les meilleures relations avec le Maroc". Pas certain après de telles déclarations.

mercredi 17 août 2011

Le grain de sel de l'Occident



« La communauté internationale dit défendre les droits des Sahraouis, mais au final, rien est fait. », déplore M. Alexander Therry, Manager pour le Moyen-Orient et le Maghreb chez OXFAM Solidarité.






J'ai réalisé une interview de Monsieur Alexander Therry au sujet de la situation an Sahara occidental.

Nous avons adordé plusieurs points  que j'exposerai au fur et à mesure sur SaharAction.
Aujourd'hui la question qui m'occupe est celle du rôle de certains pays occidentaux dans le conflit du Sahara occidental.
Voici un résumé des propos de M. Therry.



La France et les Etats-Unis sont des alliés importants  du Maroc. Pourtant, La communauté internationale, dont fait partie ces deux pays, défend le principe d’autodétermination. Quels enjeux se cachent derrière ce constat ?

Monsieur Therry explique que le Sahara occidental est un véritable trésor. Son sol contient, notamment, du fer, du phosphate, du titane et de l’uranium. Les côtes du Sahara occidental sont très riches en poissons et ses fonds marins contiendraient peut-être même du pétrole. Cela représente un enjeu économique considérable que les pays occidentaux convoitent.
En plus de l’attrait de ses ressources pour ces pays, cette région est stratégiquement importante pour lutter contre l’islamisme. Le 11 septembre a conduit le monde occidental dans une lutte contre le terrorisme. Le Maroc, allié de l'Occident et plateforme stratégiquement importante, en profite pour mener sa politique interne comme elle l’entend et continue d’occuper le Sahara occidental.
 Pour l’union européenne, l'enjeu est de garder les marchés commerciaux déjà acquis.




On comprend mieux le double discours de certains pays comme la France et les Etas-Unis. Si le Sahara occidental devient indépendant, toute l'exploitation des ressources citées ci-dessus lui reviendrait de droit. Alors qu'aujourd'hui, elles sont exploitées par le Maroc qui en fait profiter l'Occident grâce à divers pactes et traités internationaux. L'enjeu politique est également important, lorsque l'on sait que le territoire du Sahara occidental, aux portes de l'Océan Atlantique, est un espace géo-stratégique qui agrandira encore la position priviligiée du Maroc.

vendredi 12 août 2011

Des vacances pour les petits Sahraouis




les jeunes sahraouis presentent le drapeau de leur pays.



Voici une initiative que j'ai trouvé très intéressante. Je vous laisse la découvrir.





        Grâce à l'Association des Amis de la République Sahraouie Démocratique, neuf enfants du Sahara occidental profitent d'un dépaysement à Péronne, au nord de la France.
La ville de Vierzon qui gère la colonie de Péronne est un membre actif de l’Association des Amis de la République Sahraouie Démocratique (RASD). Chaque année, elle reçoit un groupe d’enfants issu de cette ancienne colonie espagnole. Ils sont neuf et sont encadrés par Farid, un animateur, et Ahmed Djamai, un étudiant en médecine. Leurs vacances dure dix jours. Ces petits de neuf ans arrivent des camps de réfugiés de la région de Tindouf (sud-ouest de l’Algérie) où vivent leurs familles depuis plus de 35 ans.

On est bien loin ici des palmiers et des dunes, la verdure, l’eau à profusion, voilà quelques nouveautés marquantes pour ces enfants qui auront appris à côtoyer d’autres camarades, à goûter à d’autres mets, à vivre dans des bâtiments en dur au lieu de leur "Khaima" qui veut dire tentes.
Leur grand sourire, leur enthousiasme, autant de signes qui traduisent leur plaisir de découvrir de nouveaux horizons. Et, l'occasion de pouvoir vivre des moments loins des conflits en toute inconscience.

Depuis 1975, à l’issue de la « Marche Verte », le Maroc contrôle la quasi-totalité de ce qui fut le Rio de Oro, ex-colonie espagnole située sur la côte atlantique du Maghreb entre le Maroc et la Mauritanie. À ce jour, plus de 155 000 personnes vivent en tant que réfugiés dans des camps, principalement en Algérie, alors que la République Sahraouie reconnue par 88 états, et son bras armé le Front Polisario revendiquent ce territoire.


source: http://www.lejsl.com/faits-divers/2011/08/12/des-vacances-extraordinaires

jeudi 11 août 2011

Droits des réfugiés: l'Algérie pointée du doigt


camp de réfugiés sahraouis à Tindouf, au sud-ouest de l'Algérie

Amnesty International dénonce les négligences de l'Algérie en matière des droits des réfugiés.
Selon les statistiques du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugies (UNHCR), l’Algérie a recensé 94 480 personnes entre réfugiés et demandeurs d’asile. 
La majeure partie, 90 000, sont des réfugiés du Sahara occidental, 4 000 sont Palestiniens et 250 viennent de pays divers.
Lakhdari Mouenis, secrétaire général de la section algérienne d’Amnesty International, s'est exprimé mercredi dernier lors d’un point de presse, au siège de l’association, à Alger.

Pour M. Mouenis, “l’Algérie ne respecte pas le protocole international concernant les droits de réfugiés, et ce, malgré sa ratification de la convention et du protocole qui protègent cette catégorie de populations”. Le secrétaire général de la section algérienne d’Amnesty International a dénoncé “les  dépassements dont l’Algérie se rend coupable en faisant fi des lois internationales”. “En Algérie, quand un  réfugié ou un demandeur d’asile se fait arrêter par la police, il est reconduit immédiatement aux frontières, même s’il a la carte de réfugié délivrée par le bureau du HCR”, a souligné M. Mouenis.

Il faut faire la différence entre un émigrant, un réfugié et un demandeur d’asile. C’est dans ce seul cas que les réfugiés et les demandeurs d’asile peuvent bénéficier de leurs droits et accomplir leurs obligations selon M. Mouenis. Il a indiqué que “le respect des lois permettrait à ces personnes de bénéficier d’un travail pour subvenir à leur besoin. Dans la situation actuelle, les réfugiés et demandeurs d’asile vivent des aides du HCR. Car à ce jour, ils n’ont pas le droit de travailler”.
 
La reconduction des réfugiés vers les frontières de l'Algérie a obligé le HCR à créer un camp au Tchad pour abriter ces personnes dont aucun pays de la région ne veut.
Selon le secretaire général, la situation pourrait se compliquer si l’Algérie ne fait rien pour lever l’ambiguïté qui entoure la question, surtout avec les évènements qui secouent la région. “Avec ce qui s'est passé en Tunisie et en Libye, depuis le début de l’année, le camp de Ras El-Djdir a enregistré 900 000 déplacés. Et sachant que les Libyens et les Tunisiens migrent vers l’Est et l’Ouest, nous devons nous interroger sur leur statut et leur avenir”, a soulevé M. Mouenis.
Bien que signataire de la Convention de 1951 sur les réfugiés et du Protocole de 1967, l’Algérie n’a pas encore mis en place de système d’asile global. Le HCR examine les demandes d’asile et assure la détermination du statut de réfugié en vertu de son mandat.

mardi 9 août 2011

La course à l'armement

Un tank marocain abandonné près d'un village du Sahara occidental, AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET



D’après Forecast International, le Maroc est parmi les pays africains qui consacrent le plus d’effort budgétaire à leur armement. Aujourd’hui, le royaume consacre chaque année une enveloppe de près de 2,8 milliards d’euros à son armée, soit environ 15% du budget de l’Etat soit à près deux fois le budget de fonctionnement de la santé publique. Les besoins militaires du Maroc absorbent 5% de son PIB, ce qui lui vaut de figurer au top 20 des pays les plus dépensiers pour leurs armées.
Depuis 2004, les dépenses militaires ne cessent d’augmenter. Certains y voit une course à l'armement avec l'Algérie. Le Maroc aurait été dans la moyenne du classement mondial des dépenses en armement sans le conflit du Sahara occidental, et le nécessaire équilibre régional avec l’Algérie —mais aussi avec certains pays d’Europe du Sud, avec qui Rabat entretient des liens de coopération militaire au sein de l’Alliance Atlantique— Sans ces conflits et ses engagements, le Maroc sortirait annuellement pour ses forces armées moins de 2% de son PIB et économiserait ainsi près d’1,4 milliard d’euros par an pour satisfaire ses besoins cruciaux en matière sociale.

Si le Maroc s’arme, l’Algérie aussi. Les données du dernier rapport 2010 de l’Institut international de recherche pour la paix (Sipri), basé à Stockholm, mettent en évidence cette course effrénée à l’armement à laquelle se livrent les deux pays voisins.
L’Algérie est classée au second rang des pays africains en terme d’effort d’armement, juste derrière l’Afrique du Sud. Elle consacre en moyenne 3% de son PIB par an aux dépenses militaires, ce qui représente environ 4,5 milliards d’euros pour 2011.
Dans le même classement, le Maroc se trouve à la 5e place, avec un rapport plus important de ponction sur le PIB, plaçant le royaume en pôle position des pays à économie comparable qui consacrent le plus de richesses à leur défense.
Les dépenses militaires algériennes et marocaines connaissent ainsi chaque année une forte progression. Le conflit du Sahara occidental est à l'origine de cette rivalité, le Maroc considérant officiellement l'Algérie comme partie prenante de ce contentieux territorial vieux de trois décennies. Le budget consacré par les deux pays à la défense illustre clairement cette frénétique course.
Le budget militaire algérien s’accroît d’environ 10% par an. Des sommes colossales sont ainsi allouées par ces deux pays dont le secteur militaire occupe la première place en terme de budgétisation.

Certes, la tendance est mondiale: les dépenses militaires ont en effet augmenté de 45% en dix ans. Mais «la compétition engagée entre l’Algérie et le Maroc en termes d’acquisition d’équipements militaires fait couler beaucoup d’encre et inquiète aussi bien les Américains que les autres pays du bassin méditerranéen», rappelle un rapport d’analyse des Nations unies cité par le Sipri.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont exprimé ouvertement leur inquiétude quant à la tendance haussière des dépenses de ces deux pays —qui font pourtant le bonheur des marchands d’armes américains, européens, russes mais aussi ceux des pays émergents comme le Brésil.
Même l’assurance donnée par l’Algérie que ses dernières commandes entraient dans le cadre d’un plan de modernisation des équipements de son armée —qui date de l’époque de l’Union soviétique— et de son effort pour combattre al-Qaida au Maghreb islamique n’a pas atténué les craintes des Occidentaux, soucieux surtout de la sécurité de leur allié traditionnel dans la région, à savoir le Maroc. Les Etats-Unis considèrent ce plan de modernisation de l’armée algérienne comme «un plan dissuasif» face à la montée en puissance de son voisin de l’Ouest.

vendredi 5 août 2011

Stratégies des deux camps










Dans mon post précédent, on parle de murs de séparation. Ce terme a éveillé ma curiosité et m'a poussé à me renseigner sur le sujet. J'ai alors trouvé, après une recherche documentaire à la bibliothèque, un article: "Murs de défense au Sahara occidental". J'ai lu et résumé cet article de Khadija Mohsen-Finan pour une meilleure compréhension de la situation. Et plus particulièrement, pour comprendre la stratégie adoptée par les deux camps au début du conflit.
Le Sahara occidental ou l'incapacité de l’ONU à régler l’un des plus anciens conflit de l’Afrique.
En 1988, on abandonne l’issue militaire du conflit au profit d’une procédure référendaire. Les murs de défense marocains érigés durant les années 80, contre les incursions de la partie inverse,  perdent alors leur sens initial mais le référendum attendu n’a toujours pas été organisé. Le rejet de toutes les propositions présentées par James Baker, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara, serait pour Khadija Mohssen-Finan la cause au statu quo, considéré à l’époque comme la moins mauvaise des solutions.
Revenons aux débuts du conflit. Entre 1976 et 1979 les FAR (les forces armées royales du Maroc) ont essuyé plusieurs défaites face au Polisario. C’est durant l’année 1979 qu’eurent lieu les batailles les plus meurtrières du conflit ; plusieurs villes et d’importantes bases marocaines furent prises d’assaut. La maîtrise du terrain des soldats du Front Polisario et leur mobilité expliquent ce succès. Pour les sahraouis il s’agissait d’une guerre agressive et audacieuse » qui les conduisait à montrer une grande mobilité accompagnée  de rapidité d’exécution. Les soldats marocains eux menaient une guerre essentiellement défensive, statique, s’aventurant rarement à l’intérieur du désert pour y mener une contre-guérilla. Le Maroc prend peur et décide de changer de stratégie.
En 1981 alors que le Roi Hassan II donne son accord pour l’organisation d’un référendum, le Maroc décide de construire des murs pour couper l’accès des principales villes du Sahara occidental aux combattants du front Polisario, c’est la stratégie dite des murs de défense. Entre 1981 et 1987, six murs ont été construits. Ces murs d’une hauteur de 2 ou 3 mètres sont protégés par des champs de mines et des fils barbelés. Leur construction avait pour objectif de mettre en sûreté ce que les Marocains nomment le « triangle utile », qui correspond en réalité à l’angle nord-ouest du Sahara et comprend les mines de phosphates et les principales villes du territoire.
Il y a des points d’observation, des supports d’artilleries, des abris souterrains pour les soldats et des systèmes de radars et de détecteurs électroniques pour repérer les véhicules de l’adversaire. Après l’opération, sept huitièmes de la superficie du Sahara occidental étaient « protégés » contre les incursions et le Polisario étaient coupé de la mer.
La stratégie des murs s’est avérée dissuasive. Toutefois quelques attaques  circonscrites et ponctuelles du Polisario ont montré au Maroc et à la communauté internationale que, en dépit de la stratégie du Maroc, le Polisario continue de défier les FAR en parvenant notamment à déceler les points faibles de la muraille. En réalité, ces attaques étaient symboliques et ne constituaient pas de réelles menaces pour le dispositif militaire. La construction des murs a en fait transformé la guérilla des années 1976-1979 en une guerre d’usure. Les combattants du Polisario sont contraints à s’adapter à une guerre de position, à proximité des murs. Ce qui neutralise leur point fort qui était la mobilité.

Le Maroc a ainsi réduit considérablement la supériorité tactique du Polisario. En plus des avantages militaires, les murs ont protégé la zone du Sahara dite économiquement et humainement « utile » (selon l’expression utilisée par Rabat). Le gisement de phosphate de Bou Crâa pouvait alors reprendre ses activités en 1982. Et, les principales villes du Sahara (Laayoun, Smara, Boujdour), qui avaient bénéficié d’un développement important de la part du Maroc, se voyaient ainsi protégées des incursions du Polisario. Au-delà de ces avantages, la population de cette zone se trouvait ainsi coupées de tout contact avec le Polisario.




Etudes, revue de culture contemporaine-paris-2004-volume400 1-3, janvier 2004, « Murs de défense au Sahara occidental », Khadija Mohsen-Finan, p 92-95
Khadija Mohsen-Finan, chercheuse à l’université Paris 8, spécialiste du dossier Sahara et auteur entre autres de Sahara occidental: les enjeux d'un conflit régional

jeudi 4 août 2011

Droits de l'Homme: Mohamed Abdelaziz tire la sonnette d'alarme


Mohamed Abdelaziz et Ban Ki-moon

    Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Abdelaziz, a interpellé hier le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, sur "l’escalade dangereuse" des violations des Droits de l’Homme au Sahara occidental par le Maroc.

Le président sahraoui a adressé une lettre à Ban Ki-moon, lettre relayée par l'agence de presse sahraouie, où il expose ses craintes. Vendredi dernier, six jeunes Sahraouis auraient été enlevés à Tan-Tan dans le Sud du Maroc. Ils réclamaient pacifiquement le droit de leur peuple à l’autodétermination et à l’indépendance, Pour le président sahraoui, il faut “intervenir en toute urgence” afin de sauver la vie des citoyens sahraouis innocents dans les territoires occupés et au Sud du Maroc.

Le président demande concrètement un renforcement des mécanismes de la MINURSO, la mission de l’ONU pour le référendum au Sahara Occidental et ce, "pour garantir la protection des civils sahraouis de la répression sauvage des forces d'occupation marocaines". Mohamed Abdelaziz ajoute dans sa lettre que des organisations internationales des droits de l’homme, dont le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU, avaient affirmé que les droits de l’homme sont violés dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Il attire l’attention du secrétaire général de l’ONU et de l’opinion internationale sur la situation qui intervient à quelques jours de la tenue du quatrième round de négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc.

    Les autorités sahraouites et le Polisario demandent aux instances internationales d'exercer des pressions sur le Maroc afin de Protéger les droits de l'Homme dans la région et la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis qui se trouvent dans les prisons marocaines, le président sahraoui a appelé à la libération particulière de Yahia Mohamed Elhafed Izaa. On dénombrait plus de 151 prisonniers et 651 disparus. La destruction du mur de séparation et la cessation immédiate de la spoliation des richesses du Sahara occidental sont également demandées. 
Enfin le Polisario en tant que représentant de la République arabe sahraouie démocratique réclame la publication du Rapport de la délégation du Commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme de septembre 2006. Et, la mise en œuvre de ses recommandations, l’élargissement du mandat de la MINURSO, pour surveiller la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc en attente d’un référendum juste, libre et transparent pour permettre au peuple du Sahara occidental l’exercice de son droit légitime à l’autodétermination.

      La société civile ne peut rester en marge de ces pratiques, selon M. Abdelaziz, soulignant la nécessité d’accélérer l’ouverture des territoires aux observateurs et médias internationaux indépendants.  Pour terminer, la lettre est revenue sur "l’intervention violente de la police et forces auxiliaires, le 31 juillet à El-Ayoun, contre une manifestation pacifique organisée par des citoyens et citoyennes sahraouis en signe de protestation contre l’enlèvement du jeune Ghali Bouhella par les forces de sécurité marocaines le 30 juillet".

dimanche 31 juillet 2011

Mohamed VI veut la paix avec ses voisins

En 1994, à la suite d'un attentat à Marrakech, le Maroc décide de fermer les frontières terrestres avec l'Algérie. L'attentat avait été imputé aux services secrets algériens.

Dans son discours du trône samedi dernier ( à l'occasion de la fête du trône), Mohamed VI a appelé à la réouverture de la frontière terrestre des deux pays et à une normalisation totale de leurs relations.

Pour Kassa Aissi, porte-parole du Front de libération nationale (FLN), principal parti au pouvoir en Algérie, les déclarations du roi Mohamed VI sont "des effets d'annonce", "C'est une démarche récurrente qui n'exprime qu'un point de vue, celui du Makhzen (palais royal) marocain"."Ce type de réaction intervient toujours comme des effets d'annonce mais sans rien de concret", a-t-il ajouté en rappelant que c'étaient les Marocains qui avaient décidé de fermer la frontière terrestre commune des deux pays.

Le Sahara Occidental est un problème qui doit être aussi réglé, a souligné M. Aissi, car c'est un élément nécessaire à la réalisation du Grand Maghreb, sans qu'il soit "conditionnel à l'amélioration des relations entre les deux Etats". Rappelons que le Maroc occupe l'ex-colonie espagnole depuis 1976 et n'entend  lui accorder qu'une autonomie tandis qu'Alger soutient les revendications sahraouies, notamment la possibilité d'une indépendance du territoire.     

               
 

L'opinion pubique est différente. Les Algériens et les Marocains contestent cette frontière. Malgré quelques petites rivalités, quoi de plus normal entre deux pays voisins, telles que la course au victoire de football. Mais ils se soutiennent et ils aiment leurs deux Pays. 






Ce clip  est intéressant non seulement parce qu' il nous montre le mur qui sépare la frontière maroco-algérienne mais aussi ,et surtout, l'entente entre les habitants des deux pays voisins. Ces chanteurs en herbe parlent de l'amour qu'ils portent à leurs pays.

samedi 16 juillet 2011

Nouvelle Constitution, nouveau blocage




  
    A la suite des mouvements de protestations au Maroc en février dernier, le Roi Mohammed VI a envisagé la réforme de la Constitution dans le but de désamorcer un éventuel conflit interne. Souvenez-vous, les Marocains avaient décidé d´occuper la rue chaque dimanche, immitant les autres peuples arabes qui protestent, toujours, pour réclamer plus de dignité humaine, plus de justice sociale et de libertés politiques.

    Derrière l'objectif avancé d'instaurer un système administratif, le projet de Constitution instaure la régionalisation. Il a été voté vendredi dernier par 98% des 60% des électeurs qui ont voté.
Mais l´idée de ce projet ne naît pas des mouvements de protestation populaires au Maroc. Elle remonte à la première moitié des années  2000 lorsque Rabat avait décidé de faire des propositions de réformes politiques pour trouvé une solution à la question du Sahara occidental. Et une solution qui arrange le Maroc, soit, l'annexion de la région du Sahara occidental.
L'Espagne, avec le soutien de la France, conseille le système des autonomies espagnols. La révision de la Constitution ne doit donc pas seulement permettre de décentraliser le pouvoir administratif trop lourd.
La nouvelle Constitution prévoit l'annexion des deux régions du territoire sahraoui dont le nord est carrément intégré au sud du Maroc. Le Maroc prend une décision qui risque d'aggraver le conflit du Sahara occidental. Conflit qui dure depuis l'année 1975 parce que le Maroc refuse de reconnaître le droit à l´autodétermination du peuple sahraoui.
L´intégration de l´ex- colonie espagnole, le Sahara occidental, dans la nouvelle organisation territoriale marocaine, a été dénoncée par le président du Front Polisario Mohamed Abdelaziz dans sa récente lettre au Secrétaire général de l´ONU, M. Ban Ki-moon (voir le post associé). Cette décision du Maroc met en péril la reprise des négociations entre le Maroc et le Front Polisario prévu à la mi-juillet à Manhassat, près de New York.  La tenue d'un référendum d'auto-détermination, jusqu'alors toujours refusée par le Maroc, n'a à première vue plus de chance d'aboutir. Le représentant personnel du Secrétaire général de l´ONU, M.Christopher Ross, aura beaucoup de mal à faire accepter des concessions de la délégation marocaine.





La Constitution marocaine constitue un nouveau blocage juridique du processus de décolonisation du Sahara occidental. Cette manœuvre a été dénoncée par les associations civiles de soutien à la cause sahraouie en Espagne, ancienne puissance coloniale du Sahara occidental. José Taboada, qui coordonne la fédération de ces associations, a adressé, vendredi, une lettre à Mme Hillary Clinton, en visite à Madrid, invitant les Etats-Unis à engager une action pour que soit respectée la légalité internationale au Sahara occidental, une responsabilité que "les puissances européennes (allusion à la France et à l´Espagne) ont refusé d´assumer".
L´ancien Secrétaire d´Etat américain James Baker est l´auteur du plan qui porte son nom qui a été adopté en juillet 2003 par le Conseil de sécurité. Un plan dont s´inspire, aujourd´hui, son compatriote, Christopher Ross. Sa volonté de trouver une solution à ce conflit vieux de plus de 35 ans se heurte aux manœuvres de certains pays de l´UE qui viennent de voter à Bruxelles la prorogation de l´accord de pêche UE-Maroc élargi au Sahara occidental. Une manière de reconnaître l´annexion de fait du Sahara occidental par le Maroc.

dimanche 10 juillet 2011

Des enjeux insoupçonnés

Analyse de la question du Sahara occidental faite par la journaliste Fadwa Dabbarh.

http://www.rcinet.ca/francais/chronique/pomme-et-mandarine---societe/14-30_2011-07-08-le-sahara-occidental-divise/

Ce reportage présente la position du Maroc sur le conflit. En 1975, l'annexion du Sahara occidental par le Maroc a conduit aux Accords de Madrid. Ces derniers ont accordé les deux tiers nord au Maroc et le tier sud à la Mauritanie. Les Saharaouis et l'Algérie ont été laissé pour compte. Ce qui a marqué le début de la rivalité entre le Maroc et l'Algérie selon ce reportage audio.

jeudi 7 juillet 2011

Il est venu le temps du dialogue




Les nuages semblent se dissiper entre le Maroc et L'Algérie. La question du Sahara occidental les divise depuis des décennies.
Le Maroc tient à sa supématie sur la région qu'il occupe depuis 1976. Il propose au peuple sahraoui l'autonomie mais uniquement sous sa souveraineté.
L'Algérie, alliée du Polisario, défend quant à elle l'idée de l'autodétermination du Sahara occidental. C'est-à-dire qu'elle estime que les Sahraouis sont les seuls à pouvoir décider de leur destinée. Concrètement l'Algérie et le Polisario demandent un référendum. Les Sahraouis pourront ainsi choisir entre l'indépendance, l'autonomie sous souveraineté marocaine ou le rattachement au Maroc.

Mais voilà, les deux partis ne se mettent pas d'accord, le Maroc a toujours refusé le référendum, il sait sans doute qu'un tel référendum ne lui serait pas avantageux...

Les rencontres entre les deux pays se sont multipliées ces derniers mois. Toujours en présence de l'ONU, des principaux protagonistes: le Maroc et le Polisario et des deux pays observateurs: la Mauritanie et l'Algérie. Faut-il y voir une ébauche de solution?